Le tribunal administratif de Bastia a été saisi de 54 protestations dirigées contre les opérations électorales qui se sont déroulées le 15 mars 2026, dont 39 émanaient du préfet de la Haute-Corse et 4 du préfet de la Corse-du-Sud. 9 affaires n’ont pas été audiencées et ont été jugées par voie d’ordonnance. S’agissant des autres affaires, deux audiences publiques se sont tenues les 22 et 26 mai 2026 et le tribunal a rendu ses jugements les 5 et 9 juin 2026.
La plupart des protestations du préfet de la Haute-Corse portait sur des questions de régularité de la proclamation des élus, conseillers municipaux et/ou communautaires, en raison de candidats proclamés élus en surnombre ou sans respect de l’ordre de présentation correspondant aux déclarations de candidatures. Le tribunal a rectifié ces erreurs matérielles.
Les protestations du préfet ou de tiers, dirigées contre les opérations électorales des communes d’Alata, de Calvi, de Galéria, de Linguizzetta, de Monaccia d’Aullène, de Piedicroce, de Tomino et de Zonza ont été rejetées.
En revanche, le tribunal a annulé les opérations électorales qui se sont déroulées dans la commune de Campi, en raison du refus irrégulier de la maire d’enregistrer cinq procurations émanant d’électeurs établis hors de France. Eu égard au très faible écart de voix (1 voix) entre les deux listes en présence, à l’issue du premier tour de scrutin, le tribunal a considéré que l’absence de prise en compte de ces cinq procurations a nécessairement exercé une influence sur les résultats du scrutin.
Le tribunal a également annulé les opérations électorales qui se sont déroulées dans la commune d’Arbellara où les deux listes en présence avaient respectivement obtenu 104 et 114 voix. En effet, eu égard à l’augmentation substantielle de 76 % du nombre d’électeurs inscrits et au faible écart de voix entre les deux listes, le tribunal a considéré que l’irrégularité tenant à l’absence de réunion de la commission de contrôle des listes électorales, qui n’avait tenu aucune séance afin d’examiner les propositions de modification de la liste électorale, devait être regardée comme ayant été susceptible d’altérer la sincérité du scrutin.
Enfin, le tribunal a également annulé l’élection d’un conseiller municipal dans la commune d’Omessa, en raison de son inéligibilité, et a proclamé élu le membre de la même liste immédiatement suivant.
Il a également annulé l’élection des cinq adjoints au maire de la commune de San‑Nicolao, cette élection ne respectant pas la règle de stricte alternance des sexes dans l’ordre de présentation des candidats.
La protestation du préfet de la Haute-Corse dirigée contre les opérations électorales de la commune de Borgo fera l’objet d’un jugement qui sera rendu le 19 juin prochain et la protestation de tiers électeurs concernant la commune de Bastia sera jugée au cours du second semestre 2026.